May 6, 2021

DID & Gaming

5 MIN READ – TEAM XSL LABS

DID & Gaming

Le secteur vidéoludique n’a de cesse de croître. En 2020, il s’agit d’une des industries les plus rentables, avec 165 milliards de dollars générés. Une hausse annuelle spectaculaire, poussée par la pandémie et les confinements. Le monde vidéoludique s’insère pas à pas dans l’ensemble des foyers, on dénombre en 2020 plus de 2,5 milliards de joueurs, avec des prévisions à 3 milliards d’ici 2 à 3 ans. Cette expansion, en outre, est poussée certes par les plateformes classiques (consoles, ordinateurs), mais également et toujours davantage par les usages mobiles (1). Dans les faits, plus de la moitié des revenus provient des jeux mobiles. La croissance des jeux free-to-play en l’espace de quelques années seulement est marquante, ils représentent aujourd’hui 75 à 85 pourcents des revenus de cette industrie toujours en quête de nouveauté.

En parallèle, la montée de l’esport se fait à vitesse fulgurante, avec à ce jour 500 millions de spectateurs, plus d’un milliard généré en 2020 (dont un tiers rien qu’en Chine).

Une prochaine révolution pourrait être en marche avec le développement des blockchains et plus généralement des échanges décentralisés. Le potentiel révolutionnaire des blockchains dépasse en effet largement le secteur financier, et des premières expériences tentent de montrer le potentiel de celles-ci dans l’univers du jeu vidéo. En outre, l’intégration d’identifiants décentralisés dans ce secteur pourrait permettre l’adoption à grande échelle de ces DID et créer de nouveaux usages liés à ceux-ci.

Comment la blockchain améliore le paysage vidéoludique ?

Le jeu vidéo décentralisé pourrait être l’avenir du jeu vidéo. Des expériences sont actuellement menées, par des précurseurs tels Gala Games qui développent des jeux comme Town Star, un city builder basé sur la blockchain, ou encore l’ambitieux Mirandus orienté jeu de rôle. Le mot d’ordre derrière ces créations est de donner aux joueurs de la propriété numérique et ainsi davantage de liberté. Dans un tel jeu vidéo, au-delà des différentes possibilités de gameplay, chaque objet virtuel, qu’il s’agisse d’un bien, d’un terrain peut être revendiqué et singularisé : gravés dans la blockchain, ils se présentent sous la forme de NFT, des tokens non fongibles.

L’évolution du jeu vidéo ces dix dernières années a montré l’émergence et la croissance des modèles de jeu free-to-play. Au sein de ces jeux, gratuits d’utilisation, la monétisation intervient notamment lorsque l’on achète un élément permettant de personnaliser son avatar, ce qui est couramment appelé skin, ainsi que diverses récompenses cosmétiques. Ce modèle, très récent, représente en 2020 plus de la moitié des revenus de l’industrie.

L’idée derrière l’utilisation des NFT dans les jeux vidéos (2) est de créer une permanence des objets, particulièrement ceux de valeur, et de faciliter leurs échanges entre les joueurs tout en introduisant de la confiance entre ceux-ci. En 2017, le jeu Cryptokitties, qui permet d’obtenir, collectionner, élever et échanger des chats virtuels, connaît un grand succès. Ce jeu, basé sur la blockchain Ethereum, promet

l’unicité de chaque chat virtuel, et l’intemporalité de son titre de propriété, quoi que devienne le jeu, et contrairement aux jeux classiques dont l’ensemble du contenu meurt avec ses serveurs (ce qui est le propre des jeux en ligne dans le modèle centralisé).

On peut imaginer un futur dans lequel les objets rares deviennent des objets de collection, stockés sous la forme de NFT. Dans l’exemple d’un jeu de type RPG, via la technologie blockchain, on peut connaître en permanence le nombre total d’un item très rare (par exemple une épée, ou un skin), et il devient facile de les échanger directement entre joueurs. En outre, il n’existe pas de contrôle de l’éditeur du jeu vidéo sur ces objets, qui sont immuablement gravés dans la blockchain.

Du fait de la nature interopérable de ces NFT et du croisement de différents univers du jeu vidéo, un token de type skin pourrait être arboré dans plusieurs de ces univers par leurs propriétaires, renforçant ainsi le caractère immuable dudit token.

Dans le cadre des compétitions, à une heure ou l’esport se développe toujours davantage, et sans oublier les compétitions d’amateurs, des récompenses pourraient être créées spécialement pour chaque occasion, en quantité limitée pour les meilleurs joueurs, les meilleurs classements, et deviendraient de véritables objets de collection.

Enfin, ce retour à la propriété peut également être une réponse aux problématiques qui ont vu le jour en même temps que la disparition des ventes de jeux physiques, à savoir particulièrement la revente desdits jeux sur des marchés dits de seconde main : l’occasion.

En l’occurrence, le titre de propriété d’un jeu pourrait lui aussi être un NFT et pouvoir être ainsi transférable, c’est un système que propose notamment le projet de plateforme de distribution blockchain Ultra (3), promettant aux joueurs des statistiques et des récompenses, et au développeurs davantage de revenus et des espaces publicitaires.

Tout ceci néanmoins implique de corroborer à cet écosystème les DID, afin d’assurer la sécurité des échanges, d’éviter des tentatives de scam, comme c’est le cas dans le cadre des NFT actuellement. Les DID permettent de rassembler les NFT tous réseaux confondus et créer de la confiance entre les participants.

Le SDI au centre du paysage vidéoludique

Le SDI, identifiant décentralisé pourra permettre divers usages et créer sa propre révolution dans l’univers vidéoludique. L’identité numérique distribuée liée à ce SDI peut contenir de vastes ensembles d’informations liés à un utilisateur, tout en garantissant leur intégrité et leur sécurité.

On peut envisager par exemple que les SDI permettent d’unifier les méthodes d’enrôlement et/ou d’authentification sécurisées à l’ensemble des plateformes de distribution de jeux. Alors qu’on nous demande en permanence des couples d’identifiants et mots de passe qui sont faillibles, le SDI permettra de sécuriser les connexions partout, ce qui est d’autant plus important lorsqu’on considère que la valeur des bibliothèques de jeux et d’objets virtuels ne fait qu’augmenter, et qui simplifie la vie de l’utilisateur toujours en recherche de ses identifiants, tout en protégeant toujours davantage ses accès.

Mais il est possible d’aller encore plus loin. Imaginer que Steam, Epic ou encore Origin puissent demain devenir des oracles de la blockchain, ce qui permettrait de retrouver l’ensemble de notre cursus de joueur, l’ensemble de nos statistiques, qu’il s’agisse de notre temps de jeu, qu’il s’agisse de nos performances en jeu, et de la possibilité de croiser ces données afin d’évaluer son niveau global au sein des communautés.

Par exemple, les jeux de type Battle Royale (Fortnite seul représente plus de 20 millions de joueurs actifs) pourraient avoir une plateforme commune qui permet de retrouver ses succès globaux sur cette catégorie de jeu. Et aller jusqu’à agréger l’ensemble des catégories de jeu afin de comparer nos succès dans l’ensemble de la sphère vidéoludique, offrir aux joueurs une vue globale de leur réputation, de leur hauts faits au sein de leur communauté de jeu.

Un officier de guilde de haut niveau sur MMORPG pourrait faciliter son recrutement de nouveaux membres en vérifiant le sérieux des candidats via le transfert de verifiable credentials entre les parties.

Le SDI permet donc de créer une véritable identité vidéoludique propre à chaque joueur, de constater et vérifier sa carrière tout au long de son parcours.

C’est également le SDI qui peut permettre de résoudre les problématiques futures liées à la nécessité d’identifier un joueur précisément. L’émergence de l’esport, et les tournois en général, nécessitent de pouvoir s’assurer des credentials d’un joueur afin de garantir l’intégrité des compétitions ou encore le niveau réel d’un participant. Ceci permet la segmentation des différentes compétitions de façon fiable, chaque joueur pouvant répondre automatiquement à son KYC via le SDI (exemple : tranches d’âge), et assurer qu’il répond aux prérequis nécessaires à l’entrée dans une compétition, simplifiant son identification et permettant aux organisateurs des tournois de se cantonner à leur rôle sans devoir développer et mettre en place des outils spécifiques. En outre, la distribution de gains et récompenses dans ce cadre peut se faire de manière quasi automatique via l’association de données permettant l’envoi de ces gains aux vainqueurs et participants, supprimant des risques en matière de sécurité et responsabilité chez les mécènes des tournois.

Du côté des développeurs de jeux vidéo, l’accès aux données que les utilisateurs souhaitent mettre à disposition pourrait leur permettre d’améliorer la connaissance de leur base de joueurs et fiabiliser des sondages d’opinion. En fonction des buts recherchés, l’analyse et l’utilisation des données disponibles leur donneront des éléments clés pour leur prise de décision afin de faire évoluer leurs concepts.

Enfin, le SDI permet de répondre à des exigences réglementaires de plus en plus fortes, on pense notamment aux réglementations liées à la protection de la jeunesse. Ici, sans fournir systématiquement à chaque fournisseur une carte d’identité qui détient beaucoup de données au-delà d’une date de naissance, une simple requête permet de vérifier l’âge du joueur avant de lui donner l’accès à un contenu.

Vous l’aurez compris, le SDI développé par XSL Labs s’intègre parfaitement dans le paysage vidéoludique de demain, permettant de nouveaux usages et répondant aux besoins des joueurs et de l’industrie.


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